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EssaissurThomas

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Mise à jour, 2 novembre 2013

 

Cette rubrique comprend les références des livres ou numéros spéciaux de revues consacrés à Henri Thomas.

Les notes de lectures consacrées à ces ouvrages sont citées, et dans la mesure du possible, ici données à lire en bas de page.

Remercions Pierre Lecoeur de nous donner sa "Sélection d'articles", issue de sa thèse soutenue en octobre 2007, elle sera mise à jour au fil des parutions.

 

 

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REVUES :

 

Revue Europe, dossier Henri Thomas, dirigé par Patrice Bougon, 2 novembre 2013. Sommaire (à la suite de celui du dossier littérature Maroc) : 

 

 

http://www.europe-revue.net/pages/recherche-par-titres/parutions-2013/Livret%20Maroc%20R.pdf

 

 

 

RBL, La Revue de belles-lettres,Suisse, 2013, I. Henri Thomas, septembre 2013, dossier dirigé par Luc Autret et Ghislaine Dunant.

 

 

Henri Thomas, Cahier treize, sous la direction de Paul Martin, Le temps qu'il fait, 1998. Textes de Paul Martin, Pierre Bergounioux, Gilles Ortlieb, Hervé Ferrage, Jean-Pierre Abraham, Christian Garcin, Jörge de Sousa, François Boddaert, Guy Goffette, Noël Arnaud, Claudine Lecoq, Yves Leclair, Pierre Brunet, Jean Claude Pirotte, Pierre Vilar, Jérôme Prieur, André Dhôtel, Henri Thomas ( certains textes sont inédits). Entretien avec Marcel Bisiaux pour le film de la série << Les Hommes livres>> Extraits présentés par Jérôme Prieur.

 

 

La Nouvelle Revue Française, N°501, Octobre 1994. Textes de Henri Thomas, Jean Grosjean, Max Alhau, Philippe Barthelet, Jean Blot, Gérard Bocholier, Gérard Farasse, Hervé Ferrage, Lorand Gaspard, Yves Leclair, Didier Pobel, Jérôme Prieur, Gilles Quinsat, Jean Roudaut, André Gide.

 

 

Revue SUD, Vous ne m'aurez pas, hors série 1991. Numéro dirigé par Paul Martin. Texte de Henri Thomas, Philippe Jaccottet, Margarita Guarderas, Gilles Ortlieb, , Claude Roy, Maxime Caron, Noël Arnaud, Nicole Casanova, Paul Martin, Max Alhau, François Jodin, Alain Diot, Yves Bonnefoy, Jean Lambert, Gérard Le Gouic, Jean-Jacques Duval, François Barat, Frédéric Jacques Temple, François Boddaert, Jean Castagné

Photos de Henri Thomas prises par Geneviève Hofman. Dessins de Claudine Lecoq

 

 

Nouvelle Revue Française, N°442, Novembre 1989. Textes de Henri Thomas, Dominique Aury, Françoise Lachkareff, Jean-Marie Laclavetine, Pierre Pachet, Jacques Reda, Jean Roudaut, Paul de Roux.

 

Revue Obsidiane, N° 30, 1986. Sous la direction de François Boddaert. Textes de Henri Thomas, Max Alhau, Georges Auclair, Dominique Aury, Marcel Bisiaux, François Boddaert, Maurice Blanchot, , Jacques Brenner, Jean-Jacques Duval, Jean et Madeleine Follain, Lorand Gaspard, Philippe Jaccottet, Salim Jay, Christine Jordis, Hubert Juin, , Claudine Lecoq, Gérard Le Gouic, Henri Meschonnic, Gilles Ortlieb, Christine Pfau, Patrice Repusseau, Patrick Reumaux, Claude Roland-Manuel, Claude Roy, Jules Supervielle, Vincent Wackenheim

 

 

 

 Cahiers des saisons, n °23, Julliard, automne 1960

 

 

 

ESSAIS :

 

1 Salim Jay, Avez-vous lu Henri Thomas? , Editions du Félin, 1990.

 

2 François Jodin, Henri Thomas ou les feux du solitaire, éditions La Licorne, Epinal,1992

Librairie La Licorne, 10, place Jeanne d'Arc, 88000 EPINAL

 

 

3 Patrice BOUGON, Marc DAMBRE ( volume collectif sous la dir.)

    • Henri Thomas :l'écriture du secret 

      Collection DÉTOURS, Champ Vallon, mars 2007.

       

      Introduction

      «Une initiation au secret»

      par Patrice Bougon et Marc Dambre

       

      I LECTURE DU SECRET

       

       

      Un bonheur sans nom

       

      Sur Henri Thomas

       

      par Jean-Christophe Bailly

       

      Henri Thomas et le récit

       

      par Dominique Rabaté

       

      Henri Thomas et les «absences de pensées»

       

      par James Petterson

       

      Le secret et la mort dans Le tableau d’avancement

       

      par Karine Gros

       

      Poésie de l’oubli et errance romanesque

       

      dans Le Croc des chiffonniers

       

      et Ai-je une patrie

       

      par Michael Syrotinski

       

      La lacune narrative et l’étrange familiarité

       

      des personnages dans Le Parjure

       

      par Patrice Bougon

       

      Sur un récit de veille: le promontoire du secret

       

      par Pierre Vilar

       

      De la nouvelle au roman: métamorphoses du récit

       

      dans Le Précepteur

       

      par Alain Schaffner

       

      Le réalisme en question de Henri Thomas

       

      par Pierre Hyppolite

       

      Henri Thomas, une écriture du ressouvenir:

       

      Le Migrateur, Le croc des chiffonniers, Ai-je une patrie

       

      par Gilles Quinsat

       

      «Un petit bruit de sable gratté»

       

      Les romans de l’écriture, 1942-1975

       

      par Pierre Lecœur

       

      II HENRI THOMAS ET SES CONTEMPORAINS

       

       

      Henri Thomas et les «idylles arcadiennes»

       

      de Pierre Herbart

       

      par Hervé Ferrage

       

      Mort, deuil, écriture.

       

      Autour des carnets d’Henri Thomas et de Georges Perros

       

      par Philippe Met

       

      Le roman à l’aune de l’amitié

       

      Henri Thomas-Emmanuel Peillet

       

      par Luc Autret

       

      Henri Thomas, André Dhôtel

       

      et l’aventure de la revue 84

       

      par Philippe Blondeau

       

      Henri Thomas à la NRF

       

      (décembre 1940-juillet 1943)

       

      par Jacques Lecarme

       

      Henri Thomas, épistolier

       

      par Joanna Leary

       

      Mes anciens auteurs (inédit)

       

      par Henri Thomas

       

      Bibliographie

       

      par Luc Autret

       

      4 Alain Veinstein, Les heures lentes, Entretiens entre Henri Thomas et Alain Veinstein, France Culture, Nuits magnétiques, 1983, Préface d' Alain Veinstein, Editions Arléa, 2004.

      On trouve une note de lecture de ce volume sur le site de Jean-Michel Maulpoix, que nous saluons ici, signée par Anthony Dufraisse :

      http://www.maulpoix.net/Thomas1.htm

       

       

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      SELECTION D'ARTICLES

       

      Celle-ci est issue de la thèse de PIERRE LECOEUR soutenue en octobre 2007( voir rubrique Membres).

       

      Les mises à jour seront signées par les initiales des auteurs.

       

       

      ALPHANT Marianne, « Henri Thomas, La plume d’Houat », Libération, 25 juillet 1985.

       

       

      ARMEL Aliette, « Henri Thomas : l’échappée fatale », Le Magazine littéraire, n° 299, mai 1992, p. 72- 73.

       

       

      ARNAUD Noël, « Henri Thomas et la Pataphysique : Une Saison volée », Sud, Hors Série 1991, p. 79- 95.

       

       

      BERGER Yves, « La tentation de l’Impersonnel », La N. R. F., n° 90, juin 1960, p. 1118-1129.

       

       

      BLANCHOT Maurice, « Henri Thomas a poursuivi son œuvre », La N. R. F., n° 51, mars 1957, repris dans Obsidiane, n° 30, automne 1986, p. 45-49.

       

       

      BLOT Jean, « La nuit d’Henri Thomas », La N. R. F., n° 501, octobre 1994, p. 29-32.

       

       

      BOUGON Patrice,

       

       

       

       

      « Réticence de la parole et fenêtre sur cour. Le Prophète de Henri Thomas »,

       

      Roman 20/50, Université de Lille III, n° 32, décembre 2001, p. 103-112.

       

      – « L’écriture du carnet d’écrivain chez Henri Thomas. Une lecture de Londres, 1955, Fata Morgana, 1999 », RSH, Université de Lille III, n° 266-267, novembre 2002, p. 283-297.

       

      – « La lacune narrative et l’étrange familiarité des personnages dans Le Parjure », L’écriture du secret, dir. Bougon P. et Dambre M., Seyssel, Champ Vallon, 2007, p. 71-85.

       

      - << Réticence et amitié dans Le parjure. Parler et ( ne pas ) voir >>. in La réticence dans les écritures poétiques et romanesques contemporaines, Textes réunis et présentés par Jacqueline Michel et Marléna Braester, Samuel Tastet éditeur, 2007, p. 179-186.( P.B)

       

       

      BRENNER Jacques,

       

      « Un révolté consciencieux », Critique, n° 42, novembre 1950, p. 115-127.

       

      « Thomas l’insoumis » (Cahiers des Saisons, 1957), Obsidiane, n° 30, automne 1986, p. 53-66.

       

       

      BRICHE Luce, « Je ou les ambiguïtés : Max Frisch, Paul Nizon, Henri Thomas », Les Romans du Je, dir. Ph. Forest, C. Gaugain, Nantes, Pleins Feux, coll. « Horizons Comparatistes », 2001, p. 433- 452.

       

       

      BROYART Benoît, « Le guetteur fabuleux », Le Matricule des Anges, n° 39, juin 2002.

       

       

      BRUNET Pierre, « Henri Thomas en Amérique », Henri Thomas, Cahiers du Temps qu’il fait, n° 13, 1998, p. 84-91.

       

       

      CARON Maxime, « Le réalisme insolite d’Henri Thomas, expression du monde du dehors et du dedans », Sud, Hors Série 1991, p. 57- 77.

       

       

      CECCATTY René de, « La mort de Henri Thomas », Le Monde, 5 novembre 1993.

       

       

      DERRIDA Jacques, « Le Parjure peut-être », Études françaises, P. U. de Montréal, vol. 38, 1-2, 2002, rééd. Sous le titre Le Parjure, peut-être : « brusques sautes de syntaxe », Paris, L’Herne, coll. « Carnets », 2005.

       

       

      EZINE Jean-Louis, « Thomas le discret », Le Nouvel Observateur, 18-24 novembre 1993.

       

       

      FARASSE Gérard, « Portrait d’Henri Thomas en chiffonnier », Empreintes, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Objet », 1998.

       

       

      FERRAGE Hervé,

       

      « Henri Thomas, la dépossession et la grâce », La N. R. F., n° 501, octobre 1994, p. 55-68.

       

      « Le langage comme patrie », Henri Thomas, Cahiers du Temps qu’il fait, n° 13, 1998, p. 15-25.

       

       

      JACCOTTET Philippe, « Dans la détresse » (Gazette de Lausanne, juin 1964), Obsidiane, n° 30, automne 1986.

       

       

      LEPAPE Pierre,

       

      « Les mystères d’Henri Thomas », Le Monde, 19 décembre 1986.

       

      « Les spectres d’Henri Thomas », Le Monde, 12 août 1988.

       

       

      MICHA René, « L’œuvre de Henri Thomas », Critique, n° 200, janvier 1964, p. 52-65.

       

       

      MUSITELLI Christophe, WEITZMANN Marc, « Portrait d’un Verlaine taoïste », Les Inrockuptibles, 28 juin-4 juillet 1995.

       

       

      PACHET Pierre, « L’Indiscret », La N. R. F., n° 442, novembre 1989, p. 14-18.

       

       

      QUINSAT Gilles, « Le Saut dans le temps », La N. R. F., n° 501, octobre 1994, p. 92-116.

       

       

      RABATE Dominique, « Henri Thomas et le récit », L’écriture du secret, dir. Bougon P. et Dambre M., Seyssel, Champ Vallon, 2007, p. 17-33.

       

       

      ROBIN Pierre, « John Perkins, ou “ le peu de réalité ” », Critique, n° 166, mars 1961, p. 221-225.

       

       

      ROUDAUT Jean,

       

      « Les petits hasards inquiétants », La N. R. F., n° 326, mars 1980, p. 64-73.

       

      « Un roman évocatoire », La N. R. F., n° 442, novembre 1989, p. 24-33.

       

      « Henri Thomas », Le Nouveau Dictionnaire des auteurs, t. 3, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1994.

       

       

      VAQUIN Agnès, « L’œuvre ouverte d’Henri Thomas », La Quinzaine littéraire, n° 743, 16-31 juillet 1998.

       

       

      VILAR Pierre, « Rebec d’Henri Thomas. Le poète et le discret », Henri Thomas, Cahiers du Temps qu’il fait, n° 13, 1998, p. 95-105.

       

       

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      Maxime Caron, Henri Thomas, Editions La Part Commune, Rennes 2006, 255 pages, 15 euros.

       

      http://lapartcommune.com

       

      Trois notes sont parues sur l'essai signé par Caron, nous en donnons deux à lire :

       

      Besson Patrick, dans la revue Marianne, N° 481, Semaine du 08 juillet 2006 au 14 juillet 2006. Nous remercions cette revue pour cet article.

       

      Avez-vous relu Henri Thomas?

       

      Patrice Bougon, Henri Thomas de Maxime Caron, NRF, janvier 2007, N° 580, pp. 304-306.

       

       

      Anthony Dufraisse, Un inconnu capital, in Matricule des anges, N°78 , nov-déc 2006, p.47.

       

       

       

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      Note de lectures données à lire: Sur l'essai Henri Thomas, 2006, de Maxime Caron par Patrice Bougon, Patrick Besson, Anthony Dufraisse.

       

       

       

       

      1) Nous proposons ce premier parcours, en attendant de revenir plus longuement sur ce livre indispensable, dans un article de revue.

       

      Patrice Bougon, 27 juillet 2006. ( Depuis cette date une note de la NRF rend hommage à cet essai)

       

       

       

      Dans son essai de cent soixante pages, Maxime Caron réussit une gageure : rendre compte des principaux thèmes d'une œuvre de plus de cinquante volumes, relevant de tous les genres, tout en étant attentif aux traits distinctifs d'une écriture, à la fois, classique et énigmatique. En effet, Caron analyse bien l'ambiguïté des récits hantés par la poésie, l'identité instable des personnages et du narrateur, l'étrangeté produite par un art singulier de la description.

       

      La poésie, parfois négligée par la critique, est ici, au contraire, privilégiée, elle est même entendue au sens large puisque Caron affirme, avec raison, que l'ensemble de l'oeuvre est << entièrement écrite sous le signe de la poésie >>, p 70. Une petite anthologie de poèmes, mais aussi des premières pages de nombreux romans disent bien cette poésie de la prose et son énigme essentielle.

       

      Le ton de Maxime Caron est personnel, mais le souci de l'exactitude constant dans la pratique de son art d'expliquer simplement des choses compliquées. La notice biographique, la bibliographie et les vingt pages de notes complètent utilement cet essai en situant Henri Thomas vis-à-vis de son époque.

       

      Par le choix judicieux de séquences peu souvent citées, Maxime Caron montre en quoi les moments réflexifs de l'oeuvre de Henri Thomas, sans se présenter comme théoriques, permettent cependant de penser le rapport singulier de l'auteur au monde qui s'élabore par un usage poétique du langage.

       

      Les règles de la monographie permettent à Caron de bien situer Henri Thomas au regard de ses contemporains. Par des extraits de lettres, les relations entre la vie et l'œuvre sont évoquées avec précision, mais sans biographisme excessif, puisque au contraire, Maxime Caron souligne qu'il y a constante métamorphose de la réalité vécue par l'auteur. Or l'un des thèmes important de l'oeuvre n'est autre que la << vie >>, conçue comme l'expérience du péril mais aussi de la joie. Ces informations biographiques sont donc très utiles pour analyser la façon dont Henri Thomas articule réalité et fiction.

       

      Cet écrivain pense souvent l'existence, mais sans aucune référence à Sartre, auquel tout l'oppose. S'il y a bien de la philosophie chez Henri Thomas, elle n'est jamais appliquée au roman. Il s'agit plutôt pour cet auteur, de chercher en quoi celui qui écrit, mais aussi le visible et les mots, deviennent objets d'une interrogation interminable disséminée dans l'œuvre, sans que cela en soit pour autant le motif principal. Enfin le critique nous indique en quoi la façon de raconter chez Henri Thomas peut dérouter le lecteur, voire expliquer la réception relativement modeste de son œuvre.

       

      La démarche de Maxime Caron est double. D'une part, il analyse des thèmes ( le père, la femme, la vie, la désignation, la description), d'autre part, il ne néglige pas pour autant la chronologie puisqu'il signale en quoi certains motifs apparaissent dès les premiers livres et il souligne aussi l'importance des << romans de vieillesse >>, p.94.

       

      Ainsi, en un bref volume, écrit dans un style très fluide, Maxime Caron, qui a le sens de la synthèse, donne, à la fois, une introduction indispensable à l'oeuvre de Thomas pour qui ne la connaît pas, mais il propose aussi une lecture personnelle qui stimule la relecture, voire engage un débat, par exemple, sur le statut de la métaphore et de l'image ( p.113, 118 ).

       

      Nous avons donc affaire ici à un essai qui présente une œuvre très variée et complexe de manière très claire ( à la façon de Thomas critique ), tout en ouvrant de nombreuses pistes de lectures pour les familiers de Thomas. Il est bien d'autres aspects que cette note de lecture n'a pu aborder, nous invitons donc le lecteur à se procurer cet essai très stimulant sans tarder.

       

      Patrice Bougon

       

       

      2)Besson Patrick, dans la revue Marianne, N° 481, Semaine du 08 juillet 2006 au 14 juillet 2006. Nous remercions cette revue pour cet article.

       

      Avez-vous relu Henri Thomas?

       

       

       

       

      Les lecteurs d'Henri Thomas viennent de recevoir leur bible: Henri Thomas de Maxime Caron. L'éditeur - La Part commune - est breton comme le fut Thomas après sa soixantième année (Quiberon, île de Hoëdic, île de Houat). Le Vosgien qui voulait voir la mer ou plutôt l'océan. Le livre est illustré de superbes portraits de Thomas par Claudine Lecoq, sa compagne à partir de 1981. Thomas le 12 novembre 1988 écrivant, une couverture sur les genoux sans doute à cause du froid - toute sa vie il appartint à la noble catégorie des grands écrivains mal chauffés, le Gouvernement provisoire. Ou encore, dans le studio de la rue Paul-Fort (Paris XIVe) mis gracieusement à sa disposition pendant vingt et un ans par son ami de collège Jean-Jacques Duval, assoupi le 17 juin 1982, mais avec ce joli commentaire de la dessinatrice: «Henri Thomas assoupi sans jamais l'être.» Il y a aussi des photos, dont la plus émouvante est celle prise à Chantilly, deux mois avant la mort de Thomas. L'auteur amaigri, défiguré par la maladie, un bizarre foulard blanc de la dame de ses pensées autour du cou. Et sa casquette aplatie de prolo des mots.

       

       

      Maxime Caron, ancien journaliste de la Voix du Nord, était un proche de Thomas. Et de son frère ami George Perros. Sa biographie est plutôt une bibliographie, il est vrai que Thomas a beaucoup raconté sa vie dans ses livres («une petite activité d'artiste n'a pas de sens si elle ne se dessine pas sur un fond vivant auquel elle se rattache»). L'enfance à Anglemont, l'adolescence au collège de Saint-Dié, la jeunesse à Paris, l'âge mûr en Angleterre et en Amérique, l'âge blet en Bretagne et la vieillesse dans une maison de retraite du XIVe arrondissement ont tous eu leur part de vers et de prose. Pour Thomas, la poésie comptait plus que le roman mais c'est dans le roman qu'il était le plus poète. Il avait pour lui cette goutte de mépris qui fait les grands amoureux. Il suffisait que ses phrases ne riment pas pour qu'elles chantent. Caron insiste judicieusement sur ce mélange, chez Thomas, de sérieux et d'improvisation, de désordre et d'organisation, de réalisme et de magie - qui fait de chacun de ses textes le cliché parfaitement net d'un monde intérieur totalement flou. La désinvolture de Thomas envers son art: le résultat imprévu et pourtant logique de la confiance qu'il avait dans son génie. «Pour moi, je sais depuis longtemps que je suis Dieu, qu'être Dieu est notre seule station véridique et qu'il s'agit d'oser le penser (avec Spinoza) pour être - non pas immortels - mais éternel. Mais quelle école!» Apportant, jeune homme, un manuscrit à Gide, il l'oublie dans le métro. Ce qui le fait rire. Gide pas du tout. Encore une bonne leçon d'un maître: la littérature n'est pas sur le papier.

       

       

      Je revois un vieux monsieur en caban de marin tanguer entre les tables de Lipp, au milieu des années 80, et j'entends encore Jean-Louis Curtis me dire: «Regarde, un grand écrivain qui passe.» Ca ne sautait aux yeux de personne et notamment pas aux miens. Mais les livres, patients comme des pierres, nous laissent le temps de vaincre notre incroyance en eux. J'adore Henri Thomas. Il a écrit une cinquantaine d'ouvrages, les plus beaux de 1985 à 1993, entre sa soixante-treizième et sa quatre-vingt et unième année. C'est un cas unique dans l'histoire de la littérature mondiale: un auteur plus fort à mesure qu'il vieillit. Il est temps de mettre Thomas en Pléiade. De toute façon, il est mort: ça ne peut plus lui faire plaisir?

       

       

      Henri Thomas , de Maxime Caron, La Part commune, 15 euros.

       

       

 

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